La veuve
Description
Alcidon. J'en demeure d'accord, chacun a sa methodeĀ ; mais la tiennne pour moi seroit trop incommodeĀ : mon coeur ne pourroit pas conserver tant de feu, s'il falloit que ma bouche en temoignat si peu. Depuis pres de deux ans tu brules pour Clarice, et plus ton amour croit, moins elle en a d'indice. Il semble qu'a languir tes desirs sont contents, et que tu n'as pour but que de perdre ton temps. Quel fruit esperes-tu de ta perseverance a la traiter toujours avec indifferenceĀ ? Aupres d'elle assidu, sans lui parler d'amour, veux-tu qu'elle commence a te faire la courĀ ? Philiste. NonĀ ; mais, a dire vrai, je veux qu'elle devine. Alcidon. Ton espoir, qui te flatte, en vain se l'imagineĀ : Clarice avec raison prend pour stupidite ce ridicule effet de ta timidite. Philiste. Peut-etre. Mais enfin vois-tu qu'elle me fuie, qu'indifferent qu'il est mon entretien l'ennuie, que je lui sois a charge, et lorsque je la voi, qu'elle use d'artifice a s'echapper de moiĀ ?