Luis BunÌuel
Description
"L'oeil tranchĂ©, d'Un chien Andalou, le scandale de l'Ăge d'or? Une Ă©vidence : le projet cinĂ©matographique de Luis Buñuel se place d'emblĂ©e sous le signe de la rupture. Une question : la rupture opĂ©rĂ©e, que peut-il y avoir au-delĂ ? Comment poursuivre une fois passĂ© le point extrĂȘme du refus? Buñuel aurait pu ĂȘtre le Rimbaud du cinĂ©ma. Il aurait pu aussi ĂȘtre de ceux qui sont un jour rentrĂ©s dans le rang en abandonnant leurs rĂ©voltes de jeunesse. S'il n'a Ă©tĂ© ni l'un ni l'autre, c'est qu'il a rĂ©ussi Ă Ă©laborer une stratĂ©gie originale qui lui permette de ne renoncer ni Ă la crĂ©ation ni Ă la rĂ©volte. Cette stratĂ©gie repose sur le paradoxe et sur le jeu : loin de refuser d'abord l'ordre et la loi, les films ne cessent de s'y rĂ©fĂ©rer et de les mimer, mais pour les enfreindre et en renouveler indĂ©finiment la transgression. Cette mise en cause de l'ordre conduit Ă rĂ©cuser les catĂ©gories fondamentales de notre pensĂ©e, de la causalitĂ© Ă la 'rĂ©alitĂ©', de l'identitĂ© Ă la vĂ©ritĂ©. Ainsi peut s'articuler une parole qui refuse les cadres mĂȘmes qui lui donnent forme. On le vĂ©rifie ici avec trois des derniers films de Buñuel : 'La Voie lactĂ©e', le 'Charme discret de la bourgeoisie' et le 'FantĂŽme de la libertĂ©'."--Book cover.